• La Maison Natale.


    Je m'éveillai, c'était la maison natale,
    L'écume s'abattait sur le rocher,
    Pas un oiseau, le vent seul à ouvrir et fermer la vague,
    L'odeur de l'horizon de toutes parts,
    Cendre, comme si les collines cachaient un feu
    Qui ailleurs consumait un univers.
    Je passai dans la véranda, la table était mise,
    L'eau frappait les pieds de la table, le buffet.
    Il fallait qu'elle entrât pourtant, la sans-visage
    Que je savais qui secouait la porte
    Du couloir, du côté de l'escalier sombre, mais en vain,
    Si haute était déjà l'eau dans la salle.
    Je tournais la poignée, qui résistait,
    J'entendais presque les rumeurs de l'autre rive,
    Ces rires des enfants dans l'herbe haute,
    Ces jeux des autres, à jamais les autres, dans leur joie.

                                                               Yves Bonnefoy - Les planches courbes.


  • Commentaires

    1
    Coyote
    Jeudi 8 Mars 2007 à 20:48
    Yves mauvaise-foi
    Très beau poème, sur lequel il y a à méditer. Merci, chère Petitpois de m'avoir fait découvrir ce recueil, qui est le premier de cet auteur que je lis vraiment. Un beau cadeau que je te dois ! J'espère que tu as donné à d'autres personnes l'envie de le lire.
    2
    Samedi 17 Mars 2007 à 20:18
    ...
    ho, une (ex) terminale litteraire??lol dommage que pr nous ce soit tombé l'an dernier au moment du CPE, ça aurrait valu le coup de s'y consacrer vraiment...et puis on avait eu l'énorme chance d'écouter une K7 où il le lit lui-même, et où il dit "la maison nataoule" et ça nous a tellement fait rire qu'on a presque retenu que ça... :-s
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